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Dans les coulisses de Rêveries à l’Orangerie : quand Virginie Aracil fait plonger Monsieur Bear dans l’univers de Monet

Et si Monsieur Bear, le malicieux ourson rouge de la littérature jeunesse, croisait la route de Claude Monet ? Avec Rêveries à l’Orangerie, Virginie Aracil signe un album poétique : un plongeon coloré au cœur des Nymphéas, imaginé en coédition avec les Éditions du musée d’Orsay et de l’Orangerie.

Une belle rencontre sous le signe de la fantaisie
Hôtel La Fantaisie… C’est autour d’une table de jardin du rooftop que notre équipe éditoriale a retrouvé Virginie Aracil, pour échanger sur son travail et sur les coulisses de l’album jeunesse Rêveries à l’Orangerie. La créatrice – regard émerveillé, sourire solaire et voix douce comme un secret d’enfance chuchoté à l’oreille – nous a ouvert les portes de son imaginaire. De la mode enfantine aux cimaises du musée de l’Orangerie, elle nous raconte la naissance de son ourson facétieux et l’aventure de cette coédition.

Rêvant un temps d’être juge pour enfants, elle bifurque finalement vers la mode, avec la certitude de vouloir se consacrer à l’univers enfantin. Diplômée d’ESMOD, elle fait ses premières armes aux archives de la maison Sonia Rykiel, où elle trouve, selon ses mots, une véritable « nourriture visuelle ». S’ensuivent des années exaltantes, d’abord dans des bureaux de style au contact du Japon, puis aux côtés de figures tutélaires, comme Carole Kaufmann chez Monoprix. L’étincelle jaillit finalement lorsque, installée à son compte, elle dessine un petit ours rouge sur un tablier de cuisine et fonde la marque byVirgo, orientée vers la préservation de l’environnement et soucieuse d’équité. Sensible à l’éthique de sa démarche, la marque de vêtements et d’accessoires de mode pour enfants Coq en Pâte devient son premier partenaire. Cette rencontre donne lieu à une collection très urbaine, de sacs, de tee-shirts et de poupées en tissu, fruit d’une création engagée et responsable.
Après la naissance de son fils Eliot, Virginie Aracil est gagnée par l’envie de transmettre. Qu’à cela ne tienne : elle crée une application ludo-éducative sur iPad, et donne ainsi vie aux premières aventures de Monsieur Bear en 2004. Le succès est au rendez-vous et l’ourson suscite l’intérêt d’Isabelle Bézard, alors éditrice chez Bayard Jeunesse. L’aventure de Monsieur Bear est lancée ; elle donnera naissance à toute une collection d’albums à succès.

Une plongée au cœur de l’impressionnisme
Séduite par l’univers tendre et impertinent de Monsieur Bear, Marie-Caroline Dufayet, directrice des éditions du musée d’Orsay et de l’Orangerie, invite Virginie Aracil à se lancer dans une nouvelle aventure, car elle considère l’ourson comme le guide idéal pour faire découvrir le musée aux tout-petits.
Lors de sa première visite de l’Orangerie, l’autrice est immédiatement saisie par l’esprit des lieux : « Lorsque je me suis rendue au musée, j’ai été surprise par la beauté de ce bâtiment et de sa verrière. Je me suis retrouvée dans Les Nymphéas comme dans un vaisseau spatial ! J’étais sans voix. Dans la pièce, plus personne ne parlait ! Je me suis placée au milieu avec l’impression d’être au centre d’une montre. Les parents oubliaient les enfants, les enfants oubliaient les parents. J’ai compris qu’il se passait quelque chose. »
Tandis qu’elle observait la magie de l’œuvre opérer, une idée s’impose naturellement pour faire entrer son héros dans l’univers du maître impressionniste : « Plouf, Monsieur Bear tombe dans l’eau ! »

Une coédition sur mesure
Et c’est vers notre maison d’édition que Marie-Caroline Dufayet s’est tournée pour concrétiser le projet : « Après le succès de notre collaboration pour l’album La Boîte à couleurs des impressionnistes, j’ai souhaité renouveler l’expérience pour inscrire notre partenariat sur des projets jeunesse dans la durée. L’expertise de GrandPalaisRmnÉditions en matière d’ingénierie éditoriale nous a permis de proposer une parution simultanée en français et en anglais, ce qui répond parfaitement aux attentes de notre public international — un défi logistique et éditorial que nous n’aurions pu relever avec autant de fluidité sans leurs équipes. »

Album disponible en français et en anglais

Immersion à Giverny : sur les traces de Claude Monet
Pour développer son récit et donner vie au nénuphar bavard qui guide l’ourson, Virginie Aracil ne s’est pas arrêtée aux quais de Seine. Elle est partie en immersion à Giverny, où l’a accueillie Laurent Echaubard, passionnant gardien des lieux. Elle a arpenté ces espaces verts et fleuris, tel un « peintre-jardinier » : un moment suspendu où elle a capturé les reflets, les textures et la palette chromatique si particulière du maître impressionniste.
Ce bain de nature a nourri l’histoire en profondeur, notamment les dialogues entre l’ourson et la plante aquatique. De retour à Paris, Virginie Aracil a donné forme, sur le papier, à une quête poétique où Monsieur Bear, après sa chute dans l’eau, cherche à retrouver son propriétaire parmi les fleurs et les couleurs. Ainsi l’autrice demeure-t-elle, avec cette incursion dans l’art impressionniste, fidèle à son ADN : bousculer les codes avec humour et impertinence tout en créant un récit qui favorise l’éveil des tout-petits.

Sous ses airs doux et attentionnés, Virginie Aracil ne serait-elle pas un peu l’ourson rouge qu’elle a imaginé ? Comme lui, elle possède ce grain de provocation et cette volonté farouche de ne pas se laisser dicter ses choix. De son envie première de protéger les enfants dans les prétoires à celle de les éveiller au cœur des plus grands musées, elle trace sa route avec la même détermination.